En France et en Europe en général, le niveau de participation sportive des personnes handicapées reste bien inférieur à celui du reste de la population. Notre groupe de réflexion se penche sur la question de l’accessibilité du sport pour les personnes handicapées. Vous trouverez ci-dessous un certain nombre d’idées pour vous aider à développer cette réflexion.

Une demande latente

Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), 15% de la population mondiale vit avec une forme de handicap, et cette proportion ne fera qu’augmenter avec le vieillissement de la population. L’article 30 de la Convention des Nations unies relative aux droits des personnes handicapées (CNUDPH) reconnaît leur droit à avoir accès aux activités culturelles et à participer à des activités récréatives, de loisir et sportives. L’épanouissement personnel, la santé et le bien-être ainsi que le lien social sont au cœur de ces idées.

Malgré cela, de nombreuses personnes handicapées n’ont toujours pas accès aux activités physiques et sportives, qui sont un lien vital dans la vie sociale et dans une communauté. Non seulement les installations sont souvent inadaptées, mais les transports publics et l’urbanisme sont également rarement conçus en fonction de ces personnes. En outre, l’offre des fédérations, des clubs et du secteur du marketing sportif ne correspond pas toujours aux besoins et aux attentes, notamment en ce qui concerne le sport non compétitif.

Il faut donc s’interroger sur la question de l’accessibilité dans nos sociétés, et sur le niveau de connaissance et de sensibilisation du public, sans oublier qu’il existe une séparation entre la gestion du handicap et les activités culturelles, sportives, sociales et éducatives qui conduit encore à un cloisonnement des politiques publiques (et des politiques associatives).

L’examen de la société civile et des acteurs du sport

Les fédérations d’handisports occupent une position clé, grâce à leur expérience et à leur expertise de plusieurs décennies dans les conditions nécessaires à une pratique sûre et adaptée, et aussi parce qu’il existe un certain nombre de disciplines spécifiques (fauteuil roulant électrique, cécifoot, etc.). Les avantages de la pratique entre pairs ne doivent pas non plus être sous-estimés. Le défi consiste plutôt à travailler sur les nombreuses offres disponibles et leur complémentarité, afin que chacun puisse pratiquer le sport de son choix dans les meilleures conditions possibles.

Il faut également développer le sport mixte, en s’inspirant des dispositifs mis en place dans les écoles. Certains dispositifs proposent des activités sportives dans des équipes composées de jeunes handicapés et non handicapés. Cependant, dans les contextes ordinaires, les objectifs d’inclusion n’ont pas été atteints. Trop d’enfants sont encore exclus de la participation.

La mise en place de passerelles entre le domaine du sport et le secteur médico-social est un autre vecteur possible pour une activité sportive adaptée au sein des établissements. Travailler à la reconnaissance du sport dans les projets institutionnels des établissements est essentiel, tout comme la formation et la professionnalisation des clubs et des structures d’accueil.

Il est donc important d’impliquer le plus possible les familles et les aides dans la découverte et la pratique des activités sportives, pour les personnes handicapées de tout âge, et de sensibiliser aux bienfaits du sport, pour la santé et le bien-être des personnes.

À quelque niveau que ce soit, le sport peut devenir une force exceptionnelle de résilience et d’épanouissement du potentiel. L’aspect de l’inclusion est reconnu comme étant bénéfique pour tous les individus. La gentillesse, la tolérance, le respect et la solidarité avec les valeurs du sport : ces valeurs peuvent, et doivent, être concrétisées dans des projets d’activités physiques et sportives communes.